mercredi 2 novembre 2011

Ombres chinoises

Entendu dimanche sur Europe1 : "mercredi ce sera la veille du G20 qui se tient jeudi à Cannes, une des capitales du cinéma mondial et en tous cas celle du cinéma européen."
En peu de mots tout est dit !

Lundi, tout est remis en question et les marionettes s’agitent fébrilement. Il s’agissait de rassurer les Chinois et les Américains, mais voilà que Croquemitaine n’en a fait qu’à sa tête. Guignol et Gnafron l’ont convoqué pour lui passer un savon.

dimanche 23 octobre 2011

L’Islam face au téléphone portable

On se rappelle qu’il y a plus de six milliards de téléphones portables dans le monde. Les pays musulmans ne sont pas en retard dans cet engouement.

Mais comme la plupart de ces engins permettent de prendre des photos et de les diffuser sur les réseaux, il y a gros à parier que l’interdiction de fabriquer des représentations de l’homme, considérée comme une atteinte aux prérogatives de Dieu ne résistera pas très longtemps.

Les images de l’exécution de Kadhafi en sont une illustration frappante. Pire, l’exposition du cadavre à la foule, dans le frigo d’un supermarché à Misrata, démarche en soi peu respectueuse du corps des morts, mais sans doute inévitable en période de révolution, nous a montré que les « photos-souvenir » n’étaient pas rares.

Les Salafistes auront du mal à remonter la pente !

P.S. On annonce que la dépouille de Kadhafi a été inhumée dans un lieu tenu secret. Parions que dans peu de temps les coordonnées GPS se vendront  sur des réseaux spécialisés.

Voile, voiles et mode africaine

Je vous recommande de visionner le beau documentaire (diffusé sur ARTE le 19 octobre 2011) sur ALPHADI société de création de mode africaine.
C’est la « success story » du styliste et entrepreneur Seidnaly Sidhamed, né à Tombouctou en 1957. C’est aussi une intéressante description des mentalités africaines.

Deux visions du monde s’affrontent :

 Seidnaly qui sépare son métier de sa foi religieuse et qui est animé par le but de donner le meilleur de lui-même pour l’Afrique. Il veut mettre en valeur les traditions et les savoir-faire ancestraux, non seulement localement mais surtout en exportant vers les pays occidentaux où les femmes ont un énorme pouvoir d’achat.

 Les traditionalistes, essentiellement des hommes, soumis à l’influence de prêcheurs salafistes, qui voudraient que rien ne change, voire que l’on revienne à la structure patriarcale et machiste des origines.

Enorme campagne d’endoctrinement pour empêcher les jeunes femmes noires de devenir modèles en assimilant cette profession à la prostitution.

Mais l’attirance innée des femmes, y compris les Africaines, pour la beauté, les parures, les maquillages aura lentement raison de ces blocages. Surtout si les hommes comprennent que le secteur de la mode, via la reconquête de l’industrie textile actuellement largement délocalisée en Inde, peut devenir une source d’emplois pour les jeunes générations.

Vous pouvez aussi consulter l’article de Wikipedia et voir les archives du Festival International de la Mode Africaine . Dans le documentaire, ne ratez pas les défilés de mode vers la fin à partir de la 44 ème minute et en particulier à la 49ème minute.

vendredi 14 octobre 2011

La ruée vers l’or

En relisant le billet précédent, je me souviens de l’émission littéraire « la bibliothèque Médicis » dans laquelle Alfred GROSSER a cité Henry de Montherland :
« On aimait l’or parce qu’il donnait le pouvoir et qu’avec le pouvoir on faisait de grandes choses. Maintenant on aime le pouvoir parce qu’il donne l’or et qu’avec cet or on en fait de petites. »
Le Maître de Santiago (1947), III, 1

Quelle leçon de style !

jeudi 13 octobre 2011

Et maintenant où va-t-on ?

J’ai vu l’autre jour à la télé, le professeur LEJOYEUX ( sic) célèbre psychiatre, spécialiste des comportements addictifs, qui faisait la promotion de son dernier livre « CHANGER EN MIEUX ».
Il a développé particulièrement deux arguments:

« Le sentiment de bonheur ne résulte pas du fait d’avoir beaucoup d’argent, mais du fait que votre fortune est en augmentation. »


« Le sentiment de bonheur ne résulte pas du fait de vivre à la campagne plutôt qu’à la ville ; mais du fait de pouvoir le faire quand on veut. » J’ai traduit immédiatement en « du fait de posséder une résidence secondaire ». Et, combinant avec le premier argument, pourquoi pas une troisième, une quatrième, etc.

Tout ceci est sans doute le fruit d’observations « scientifiques », de batteries de tests, d’interviews, bref tout l’arsenal des techniques de la psychiatrie comportementale moderne. Personnellement, cela m’a semblé désespérant pour notre humanité. Ce d’autant plus, qu’à peu près à la même époque, j’ai vu des reportages sur la façon dont on apprend un language des signes à des orang-outangs et à des singes bonobos.

Je veux bien que l’honorable professeur s’applique à lui même le principe N°1 et cherche à augmenter ses revenus en publiant un livre par an , en surfant sur la vague de la crise mondiale. Mais ce genre de comportement n’est-il pas à la base de la dite crise ? Où va-t-on si tout le monde applique ce précepte. La fin des temps civilisés est proche !

Soyez en garde contre les faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais qui au-dedans sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t­on du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons? Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits, mais l'arbre mauvais produit de mauvais fruits. (Matthieu 15-16)

Education Nationale

Vendredi dernier en rentrant de Marseille par le TGV, j’étais assis à proximité de deux dames de quarante-cinq ans environ, rejointes bientôt par un monsieur venant d’une voiture voisine, de première semble-t-il, peut-être une délégué syndical.

Ils ont parlé très fort tout le temps du trajet. Des pédagos, professeurs de lycée. Surtout préoccupés d’eux-mêmes, qui semblaient se rendre à Paris deux fois par mois pour des stages.

Ils espèrent que ces stages, dont ils saluent l’intérêt culturel, leur procureront des avancements plus rapides.

Petit couplet sur les réductions de budget, les horaires trop remplis, etc, etc. Bizarement, ils ne sont pas contre, mais ils attendent une revalorisation de leur traitement.

Une des dames dit et répète que le problème, c’est qu’il ya 80% d’étrangers dans ces stages. Elle insiste : des étrangers africains, en tous cas pas des européens.

En près de trois heures, pas un mot sur les élèves ou les méthodes pédagogiques.

Le ministre de l’Education Nationale va avoir du mal à mettre l’enseignementdu vivre ensemble au programme !

samedi 8 octobre 2011

La bourse ou la vie

Dans le temps les bandits de grand chemin détroussaient les honnêtes gens au cri de «la bourse ou la vie ».

Au vingt et unième siècle, en pleine crise financière, on peut reprendre l’argument, juste en paraphrasant un peu.

La Bourse des valeurs, où s’échangent des masses gigantesques de produits financiers, où se font et se défont des fortunes particulières, en premier celles des marchands du temple.
La Vie, celle de tous les jours, la mienne, la vôtre. La vie laborieuse, la vie précaire, la vie avec les autres, la vie pour les autres.

Le plus comique (si l’on peut dire) c’est que les médias bobos nous bassinent avec la nécessaire moralisation vertueuse de la gouvernance économique européenne, voire mondiale.

La Bourse ou la Vie ! Au fond rien de nouveau sous le soleil : les bandits agissent rarement à visage découvert, mais ils détroussent le pauvre monde sans vergogne. Les ordinateurs ont simplement remplacé les escopettes !

samedi 16 juillet 2011

Ah Dieu, que l’utopie est jolie !

Qui a dit que l’utopie d’aujourd’hui sera la norme de demain ? sans doute quelque candidat à l’éternité, un frustré du pouvoir, un dandy du surréalisme…
A vrai dire, il n’y a que deux voies possibles pour les apprentis prophètes : l’utopie ou le catastrophisme. En Occident, depuis la Bible et bien auparavant, ces deux genres ont été largement illustrés.

Mais comment doit se comporter un homme ou une femme de pouvoir face aux propositions de l’utopie ? Il ne peut les ignorer dans le cadre de la connaissance du terrain sur lequel il est amené à opérer. Pour autant, il ne doit pas les mettre en œuvre sans en avoir pesé les conséquences à moyen et long terme. Exercice bien délicat, hors de portée de l’analyse rationnelle, même celle d’un esprit dit supérieur…

Pour vous en convaincre, essayez donc d’examiner la proposition de suppression du défilé militaire sur les Champs-Elysées et son remplacement pare une parade citoyenne à l’instar des techno-parades, gay-pride et autres fêtes de la musique…

lundi 21 juin 2010

Le contribuable sans foot…




J’entends ce matin que Roselyne Bachelot, ministre de la santé, va convoquer une réunion de crise en Afrique du Sud pour traiter les suites de la faillite des Bleus.

Dans quel monde vivons nous !

Plutôt que de se préoccuper de la coupe du monde de football, il serait plus urgent de faire des coupes sombres dans les services de l’Etat.

dimanche 20 juin 2010

Radio trottoir ne ment pas …



Entendu ce matin 20 juin à la radio, l’interview d’un jeune adulte à fort accent de banlieue : « entre rien et le néant, on choisit Dominique de Villepin ».

La marche du temps




Entendu à la radio dans la bouche d’un porte-parole de l’Elysée : Après le fameux dîner reporté, au cours duquel on devait discuter de la gouvernance financière européenne, Angela et Nicolas déjeunent enfin ensemble « pour rassurer les marchés »…

Tout est dit ! La démocratie traditionnelle, qu’elle soit représentative ou participative est bien morte. Longue vie à la marchéocratie !

Et pour cause, car le peuple ne vote que de temps en temps, la participation n’émet que des avis. Les marchés votent en temps réel et 24 heures sur 24.


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Faut-il vraiment un ministère des sports ?



Cette pauvre Rama Yade s’est encore une fois remettre en place pour avoir déclaré que les chambres d’hôtel louées pour l’équipe de France en Afrique du Sud étaient trop chères. Elle voulait donner l’exemple en couchant à l’auberge de jeunesse, à l’ambassade ou dans un hôtel moins étoilé. Sa patronne Roselyne Bachelot la désavoue et le Canard enchaîné publie le prix global de son voyage, y compris ses cinq accompagnateurs et avec l’imbroglio de la réservation dans le même hôtel que les Bleus. Roselyne espère que la France va se qualifier…

Toutes ces péripéties dérisoires ont fait l’actualité pendant une semaine, avant d’être remplacées par la défaite lamentable des Bleus face au Mexique et les incongruités de Nicolas H.

Ce buzz, comme on dit maintenant, masque le vrai problème politique. Qui paye toutes ces amuseries républicaines ? Nous, les contribuables bien sûr !

A quoi sert un ministère des sports ? Et pourquoi s’interesse-t-il tant au foot-ball professionnel ? Quand on connaît le budget annuel de la FIFA, pourquoi faut-il encore soutenir ce sport de nos deniers publics ? Nos ministresses pourraient aussi aller s’enthousiasmer pour Holidays on Ice !

Au moment où l’Etat veut faire une cure d’austérité, je propose qu’on supprime le secrétariat d’état à la Jeunesse et aux Sports. Après tout, avant 1946 on s’en passait très bien.



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Espaceur d'en tête

vendredi 7 mai 2010

PROPOSITION INDECENTE



Les Bourses montent, les Bourses descendent, les Bourses remontent, les Bourses redescendent… il n’y a que les inégalités sociales qui montent tout le temps.

La faute à la planète financière qui brasse en quelques jours plus d’argent que la production de biens et services de l’ensemble de l’économie mondiale en un an. Le pouvoir des états fait pâle figure à coté.

J’ai une proposition pour tenter de freiner cette paranoïa.

Il faudrait créer une monnaie universelle unique réservée aux opérations financières. Seuls le cash et les comptes à vue, bref ce qui sert dans la vie de tous les jours, serait libellé en monnaie locale, dollars, euros, yen et yuan, ou toute autre. Les titres de propriété du patrimoine, immeubles, valeurs mobilières, assurances et produits dérivés seraient obligatoirement libellés dans la nouvelle monnaie universelle, dont la masse serait ramenée à des proportions raisonnables par rapport à l’économie réelle ; en clair par une dévaluation massive au départ.

La planète financière continuerait de tourner et de faire son beurre, qui n’est pas du petit beurre, dans la nouvelle unité monétaire dénommée à l’unanimité : SPECULOOS.

P.S. Ce n’est pas une histoire belge !



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jeudi 6 mai 2010

Le corbeau et les cornards



Vingt cinq ans après, la veuve de Bernard Laroche fait rouvrir le dossier de l’affaire Gregory.
La Justice ordonne de nouvelles analyses ADN, des analyses vocales de vieux enregistrements téléphoniques du «corbeau»…

Qui paye tout cela ? Nous, les cornards de contribuables, bien sûr !
N’y aurait-il pas des causes plus méritantes ?

En me forçant beaucoup, je veux bien considérer cette recrudescence d’efforts comme une dépense déductible de la taxe professionnelle : formation des juges d’instruction, des stagiaires, des techniciens de la police scientifique, des enquêteurs de la gendarmerie nouvellement unifiée …

Malgré tout, je ne peux m’empêcher de penser que parfois, pour la Justice, ce sont les fonds qui manquent le moins et le fond qui manque le plus !



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lundi 26 avril 2010

Fesse-mathieu



Aujourd’hui, les médias résonnent d’un problème grave : faut-il interdire la fessée ?
Le Parlement européen a mis la question à l’ordre du jour de sa prochaine séance. On nous rappelle que, dans le monde, déjà vingt pays ont interdit ce procédé et que huit autres ont promis de le faire. Les Français, « premiers défenseurs des Droits de l’Homme », sont à 87% partisans de la conserver, au moins à titre d’arme de dissuasion…
Et pourtant, notre classe politique s’en préoccupe. Une dame pédopsychiatre de son état, fraîchement élue à l’Assemblée Nationale, vient nous expliquer qu’elle va déposer une motion pour rouvrir le débat. Elle vient de publier un livre à l’usage des parents ; « l’autorité sans la fessée ».

Il ne faut pas traiter à la légère un sujet aussi sérieux. Et pourtant, je ne peux m’empêcher de me ranger du coté de la majorité silencieuse. Justement notre dernier fils se prénomme Matthieu. Il est grand maintenant. Il faudra lui demander si sa mère lui a donné quelques fessées quand il était petit. Tout ce dont elle se souvient, c’est d’avoir administré une ou deux caresses un peu appuyées à l’un de nos petits-fils, qui, à deux ans, s’obstinait à rester sur le pot sans rien faire et se soulageait quasi instantanément dès que sa couche était remise. Au diable l’avarice ! En trois jours, le problème fut réglé, alors que, jusque là, les parents n’étaient arrivés à rien.

On ne devrait pas rire de ces choses. Mais reconnaissons que légiférer sur la fessée, c’est moins compliqué que l’affaire de la conduite en état de burqua ou de la déchéance de nationalité pour cause de mazarinade !

mercredi 21 avril 2010

Circulez, y-a rien à voir ?



D’ici 2016, Monsieur Delanoé veut supprimer la circulation automobile sur la voie Georges Pompidou et les autres voies sur berges, « pour rendre Paris aux Parisiens » et leur offrir des facilités de loisirs à portée de vélib.

De son point de vue de grand humaniste, ce projet améliorera la santé publique en réduisant le stress, les nuisances et la pollution. Ses détracteurs soulignent qu’il pourrira la vie des nombreux travailleurs qui sont obligés de prendre leur voiture tous les jours et que Paris intra-muros deviendra une réserve dorée pour les « bobos » et les retraités.

J’ai une proposition alternative. Une motion de synthèse, comme on dit au Parti Socialiste.

Laisser la circulation automobile où elle est et construire au dessus un étage de promenades au niveau de la rue. Le coût serait modéré et les inconvénients minimes. Après tout la baignade dans la Seine n’est pas essentielle. Contempler le fleuve et ses paysages magnifiques de plus haut serait tout aussi plaisant.

Les esprits mal tournés ne manqueront pas de faire une contre-motion : construire un tunnel en béton immergé dans la Seine, comme ceux qui traversent la rivière Hudson à New York. Ils feront valoir que ce système, sans doute beaucoup plus cher, aurait l’avantage d’être autorégulateur. Aus heures de pointe, la concentration de gaz d’échappements serait dissuasive, voire létale. Moins d’automobilistes, n’est ce pas le but recherché ?


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dimanche 18 avril 2010

Chroniques d'un désastre annoncé



Nous sommes allés hier écouter Fabrice Luchini lire Philippe Muray, Cioran et quelques autres.
Il y a deux ans, un ami m’avait prêté « Festivus festivus » et fait découvrir Muray que je ne connaissais pas.
Cet auteur, mort en 2006, s’est voulu un analyste grave des évolutions de la société de son temps.

Avec beaucoup plus de talent que moi, il jette le même cri d’alarme aux citoyens du monde occidental.
C’est un régal d’entendre, derrière la dérision, son constat vitriolé. Le rire est un réflexe d’évitement quand nous nous sentons impuisants dans le maelstrom qui nous entraîne vers notre perte. Mutation socio-génétique de la sous-espèce « homo occidentalis » et extinction en vue ?

Les chroniques et les livres de Philippe Muray sont à consommer par petites doses, car on a beau répéter sur tous les tons, même celui de l’ironie, que l’homme occidental court à sa perte, il me semble que la seule attitude jouable est celle du prince Salina dans le Gépard : « que tout change pour que rien ne change ». Encore y faut-il un peu d’habileté.

Lisez ou relisez Muray et Lampedusa, vous ne serez pas déçus.



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Brave new world




Suite à la lecture du livre de Lionel Naccache évoqué dans mon billet du 3 avril « Au risque de se perdre », à mes risques et périls, je me suis documenté plus avant sur les sciences cognitives.

Je suis perplexe. D’une part j’ai vu un documentaire passionnant sur « l’intelligence des pieuvres », d’autre part j’ai lu plusieurs publications sur l’intelligence artificielle, notamment les recherches sur les robots autonomes et communicants. C’est terrifiant.

Si ces équipes de chercheurs se rencontrent, je ne doute pas qu’on apprenne bientôt aux pieuvres à lire et à écrire. Qu’on apprenne aux robots l’art de glisser des tentacules dans notre corps, dans notre cœur et nos organes vitaux. Et pourquoi pas dans notre système nerveux.

Cette création renouvelée peuplera-t-elle la terre, sous le regard indifférent de l’Homme-Dieu ? Un jour devra-t-il la chasser du paradis et l’exiler sur une autre planète ? Comme dit Naccache, il n’y a qu’un pas entre la mythologie et ce que nous pouvons percevoir du réel.



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samedi 3 avril 2010

Au risque de se perdre…



Suite à la polémique entre Claude Allègre et le groupe des quatre-cents scientifiques réchauffeurs climatiques, j’ai entendu hier l’économiste anglais Sir Nicholas Stern interviewé par Jean-Pierre Elkabach. Pour mettre tout le monde d’accord, Stern insiste sur le concept de risque. Selon lui, les risques sont élevés, et il est urgent de prendre de nouvelles orientations. Les thèses de Stern ont elles mêmes fait l’objet de polémique entre économistes.
°  °  °
J’ai aussitôt fait le rapprochement avec le livre passionnant de Lionel Naccache « Perdons nous connaissance ? ». Lionel est justement une de mes connaissances. Il me pardonnera ce petit jeu de mots, car il emploie le même procédé dans son livre dont je vous recommande la lecture.

Lionel est un éminent médecin neuropathologiste doublé d’un humaniste es philosophie et judaïsme.

Il nous  confirme une caractéristique de l’espèce humaine pensante : toute prise de connaissance passe par un système "fiction/représentation/croyance", processus obligatoire permis par la stucture de notre cerveau. Il fait le point des dernières recherches de la neuropathologie à cet égard. On notera que « croyance » a ici un sens beaucoup plus général que celui de « croyance religieuse ».

Naccache rappelle que la prise de conscience implique un sujet - celui qui prend conscience - et un objet. Le sujet peut être vous, moi, mais aussi un groupe humain, une société … L’objet peut être matériel, inanimé ou animé : une chaise, l’homme en face de moi ; mais aussi un objet intellectuel, un concept, une croyance : la terre est ronde et tourne autour du soleil.

Il dit surtout que le sujet après la prise de conscience n’est plus tout à fait le même que le sujet avant. La prise de conscience a un prix, parfois insupportable, pouvant conduire à la folie ou au suicide. La connaissance peut donc être un danger pour les sujets qui l’atteignent.

Mais le repli sur soi ou sur le passé, le refus des savoirs nouveaux, sont autant de « mauvaises solutions ». L’homme doit assumer le risque de la connaissance et le gérer au mieux. C’est d’ailleurs ce que l’être pensant fait en permanence tout au long de sa vie: adapter son système de croyances aux réalités du monde extérieur.
°  °  °
Pour les affaires de la planète, le  nouvel objet de connaissance qu’est le risque de catastrophe écologique, de catastrophe naturelle, de catastophe agro-alimentaire etc. est clairement du même ressort. Qu’est ce que le risque, si ce n’est une fiction, une représentation d’évènements futurs, possibles, mais pas certains, basée sur des informations qui nous viennent du monde réel.

Dans le détail, certaines prédictions se révèleront vraies et d’autres fausses. Mais la société mondiale et l’avenir de l’humanité auront été changés par cette prise de conscience. Les comportements économiques et politiques seront infléchis. Tous les dangers pronostiqués ne surviendront pas, d’autres seront maîtrisés. Des dangers insoupçonnés se feront jour. Certains mécanismes, aujourd’hui controversés, s’imposeront comme des évidences universelles.

S’il réussit son adaptation au monde tel qu’il est devenu, homo sapiens risque de survivre encore quelques siècles.



vendredi 2 avril 2010

HARMONIA MUNDI



Je ne veux pas seulement parler de la célèbre maison d’édition de musique enregistrée, mais du projet d’harmonie mondiale mis en avant par nombre de responsables politiques de tous pays et de tous bords.


Sagement la maison d’édition fondée en 1958 a commencé par des valeurs sures, musique ancienne et musique baroque. Plus récemment elle a étendu assez modestement son catalogue à de la musique contemporaine tel Luciano Berio. Mais, il faut bien le reconnaître, la dodécaphonie n’est pas sa tasse de thé.


Dans le monde de la politique, c’est plutôt la dodécacophonie qui règne. Au niveau des états-nations chacun y va de son petit couplet à deux voix :  une pour les partenaires internationaux, l’autre pour les aspirations de sa poulation. Et puis la musique chinoise et la musique indienne ont leurs propres systèmes, beaucoup plus subtils que notre clavecin bien tempéré.


Les Occidentaux voudraient apporter la démocratie bien tempérée au reste du monde. Les pays émergeants veulent rester maîtres de leurs partitions.


Au niveau des chefs d’orchestre, c’est le trop plein. Les chefs de grandes formations nationales, les institutionnels internationaux, les petits chefs non alignés ... les directions collégiales et les chefs vedettes, les charismatiques et les silencieux. Pour les traditionnelles photos de famille à la télévision, on est obligé de prendre des formats de plus en plus allongés pour caser tout le monde.


Il paraît que la musique traditionnelle chinoise est basée sur une gamme à cinq tons égaux. Même si la notation actuelle ressemble à celle de la musique occidentale, qui en comporte douze, on voit bien que l’unisson n’est pas pour tout de suite.
Quant à la musique indienne, qui comporte des accords, des répétitions et des rythmes infiniment plus complexes que ceux dont nous Occidentaux avons l’habitude, pas étonnant qu’elle nous prenne à contre-pied.


Le concert des nations est souvent discordant. A force de réduction au dénominateur commun, on aboutit à une simple note sans grande portée. La musique des sphères n’est pas céleste comme dans l’Antiquité, elle serait plutôt celle des sphères d’influence !


Il faut s’en contenter, en se disant que mieux vaut résoudre nos conflits d’intérêts par la musique, même un peu discordante, que par la brutalité et la guerre.